Rafael, avez-vous été surpris par la rapidité de cette finale ?
Je ne m'attendais pas à un match aussi simple, aussi facile. Mais je pense que j'ai frôlé la perfection aujourd'hui. Roger a commis des erreurs inhabituelles. J'ai joué davantage à l'intérieur du court. Je maîtrisais les points. Je me suis amélioré, j'arrive mieux à contrôler le point. Je ne joue plus un jeu typique de terre battue, j'ai progressé. Je suis plus agressif que par le passé et que lors de mes précédentes rencontres avec Roger. Je ne suis plus à trois mètres derrière la ligne de fond de court, j'essaie de rentrer dans le court maintenant. Je joue avec du lift, mais j'utilise le slice, je change les trajectoires, les directions de la balle, je joue aussi à plat maintenant.
N'avez-vous pas l'impression que vous êtes le meilleur joueur du monde à l'heure actuelle ?
Non, je suis le numéro 2, c'est ce que je ressens! (Rires) Et je suis plus proche du numéro 3 que du numéro 1, mais peu importe. C'est vrai qu'à la Race, je suis le numéro 1. C'est important.
Lorsque vous contrôlez autant la situation, est-ce plus difficile de garder le même niveau de concentration ?
Je reste concentré, même quand je gagne. Je menais 6-1, 2-0. Quand je jouais, je n'en croyais pas mes yeux, parce que le match était facile. Je me disais que la partie devait être plus serrée. Il m'a pris mon service, il a gagné deux points importants. Mais lorsqu'il a breaké, j'étais très concentré. A 3-3, j'ai eu une balle de break et j'ai joué de façon formidable, avec beaucoup de concentration à ce moment-là. Je pense que ce jeu a été la clé du match.
Vous avez égalé Borg avec quatre victoires consécutives ici. Qu'est-ce que cela représente pour vous ? Pensez-vous être en mesure de remporter le titre six fois ?
Lorsque j'aurai terminé ma carrière, on pourra me poser cette question et voir si j'ai égalé le record de Borg avec ses six victoires. C'est vrai, la comparaison avec Borg est belle, surtout qu'il est meilleur que moi ! Mais je ne pense pas à ces choses-là, je pense à la victoire d'aujourd'hui.
Sur la balle de match, vous n'avez pas montré beaucoup d'émotions. Pourquoi ?
C'est vrai qu'au premier set, j'étais heureux, mais je n'ai rien préparé pour célébrer ma victoire. Lorsque je gagne, ma réaction n'est pas préméditée. Federer a dû ressentir quelque chose de très négatif. Je lui nourris beaucoup de respect. C'est pourquoi je n'ai pas célébré cette victoire de façon trop éclatante. Ce n'était vraiment pas un moment de tension maximale, et vu la façon dont les choses s'étaient déroulées, ainsi qu'en raison de la relation que j'ai avec Federer, je crois que l'attitude la plus adaptée était d'être mesuré. Une défaite, c'est toujours un problème, mais Roger est un si grand joueur que je pense qu'il surmontera ça.
Au cours d'une année particulièrement compliquée en raison d'un calendrier sur terre battue très serré, une saison où il y a Djokovic qui pousse derrière, que cela représente pour vous de jouer votre meilleur tennis ?
Une satisfaction personnelle pour tout le travail réalisé jusqu'à aujourd'hui. C'est le Grand Chelem où j'ai le plus de chances de pouvoir gagner. Je sais que si je ne gagne pas, ce sera difficile d'en gagner un autre dans l'année, car les autres Majeurs sont difficiles. Les autres n'ont pas le même poids... Sur ce tournoi, j'ai la sensation que si je le gagne, quoi qu'il arrive, j'aurai réalisé tout de même une grande saison.
Quel type de préparation envisagez-vous pour Wimbledon ?
Je n'en sais rien ! Je vais aller au Queen's. Je vais essayer d'engranger des matches là-bas. C'est vrai que c'est un tournoi important dans l'optique de Wimbledon. Et puis, lorsqu'on a des matches à son actif sur gazon, c'est bien, on arrive à Wimbledon avec davantage de confiance.


